Centre La Loba | L’entraide
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L’entraide

L’entraide

Quand j’étais jeune, il y avait toujours des gens nouveaux qui apparaissaient dans le paysage familial. Mon père faisait travailler des hommes sur la ferme, ma mère et ma sœur faisaient de la nourriture pour ceux qui venaient cultiver la terre, d’autres venaient aider aux rénovations des bâtiments sur la ferme. Ma grand-mère maternelle a élevé des autochtones en famille d’accueil de parents qui étaient sur le bien-être social et qui ne pouvaient, mentalement et financièrement, subvenir aux besoins de leurs enfants. Ce fut la même chose pour mes grands-parents paternels. Le travail sur la terre nous amenait à partager les richesses de celle-ci. Ma mère allait chanter pour les personnes âgées en perte d’autonomie, hébergeait dans ses appartements des personnes en santé mentale ou n’ayant pas les moyens de se payer un logement à coût élevé et nous parrainions jadis un enfant d’Afrique, Augustin – je me demande bien ce qu’il est devenu… Mes parents étaient toujours prêts à aider ou à prêter des choses lorsque le lien de confiance en l’humain était là. Ils aidaient avec les moyens qu’ils avaient; de toute façon, il est impossible de donner ce que nous n’avons pas, nous pouvons seulement donner ce que nous avons. C’est une tradition pour moi que de redonner au suivant et c’est ce que je fais aujourd’hui. Non pas pour faire office de mère Thérèsa ou encore de donner conditionnellement, pour plaire aux autres; je donne pour faire fonctionner la roue de l’abondance. Donner est beaucoup plus nourrissant que de recevoir. Faites-en l’expérience. C’est comme lorsque nous trouvons un présent pour une personne et que nous savons profondément que celui-ci va satisfaire l’autre. Nous avons alors hâte qu’elle reçoive le présent, de voir sa réaction, de lui offrir ce que nous pensons qui fera plaisir.

Ici, c’est la même chose. Malgré que la situation socio-économique de ma famille soit beaucoup moins élevée que celle au Québec, l’entraide et le fait d’aider son prochain est très présent. Pour Noël, une dame est venue peler des patates en échange d’un repas; un sac de pain a été fait pour chaque invité et nous en avons donné à des gens du quartier; une cuisinière travaille pour le restaurant en échange d’un logis, nourriture et un petit revenu; mon père a donné de l’eau de pluie à une famille qui n’avait plus d’eau à la maison; des enfants sont venus aider à la rénovation de la maison en échange de repas; ils ont donné de la laine de leurs moutons pour la fabrication du lit de la voisine et encouragé des producteurs quechuas locaux en achetant leurs légumes pour le restaurant. Ma famille aide avec les moyens qu’ils ont. La porte est grande ouverte. Pour moi, cette famille est riche. Tout ce qu’ils donnent leur revient décuplé et ils ne manquent de rien. Bien sûr, il ne faut pas être dupe et il faut faire attention aux voleurs. Chacun essaie de tirer son épingle du jeu et le niveau de vie financièrement, l’éducation, la propreté et la salubrité alimentaire sont très bas. Il y a des plus riches et des plus pauvres, mais cela n’est pas comparable à la richesse, au niveau d’éducation et de consommation du Québec. À la maison, il n’y a pas beaucoup de déchets. Toutes les pelures de légumes vont aux poulets, la tortue et aux moutons. Les restes de viande vont aux chiens et aux chats. Même les autres chats du quartier trouvent refuge ici. Les portes de la maison sont ouvertes toutes la journée et les chiens ne pensent pas à s’enfuir. Les animaux sont beaux à la maison. Ils sont bien nourris et heureux. La seule chose que je puisse dire sur eux est qu’ils ont des puces et des « mottons » de poils! C’est tout un contraste par rapport aux autres animaux du quartier – les cochons qui mangent dans les dépotoirs, des petits poulets, les chiens maigres, parfois malades et agressifs. Ici, je retrouve les paysages de mon enfance. J’ai été élevée sur une ferme, alors le fait d’être entourée de plein d’animaux, d’être entourée de chats, de nourrir ceux-ci et de participer aux semences du jardin me fait revivre les joies de mon enfance!

Panier de Noël

En redonnant ce que nous avons, nous gagnons plus. C’est ce qu’on appelle un monde d’abondance. Si nous gardons tout pour nous, le message qu’on envoie à l’univers est que nous ne pouvons en posséder plus. Au contraire, si nous donnons, le message est plutôt que nous devons avoir plus pour faire fonctionner la roue d’abondance. C’est ce qui renvoie à des théories comme celle de Wayne Dyer (Le pouvoir de l’intention), Louise Hay et Pierre Morency (Demandez et vous recevrez).

Je vois des enfants qui dansent sous la pluie. Des enfants libres et heureux. Nous ne pouvons pas se cacher qu’il y a des problèmes, mais cela n’empêche pas les enfants et certains adultes d’être émerveillés.

 

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